Le mouvement des transition towns est né en 2005 à Totnes (Royaume-Uni), quand un groupe de militants emmenés par Rob Hopkins a décidé d’animer un exerce novateur de démocratie locale : proposer aux 8500 habitants de la commune d’élaborer collectivement un « plan d’action de décroissance énergétique » (Energy Descent Action Plan) qui raconterait comment leur commune pourrait résister au choc annoncé du pic pétrolier et réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre, en engageant localement une transition accélérée vers l’après-pétrole à horizon 2030. L’expérience a été relayée dans divers réseaux écologistes, débouchant bientôt sur la formation d’un réseau international d’initiatives locales de transition : plus de 1000 groupes au début de l’année 2013, dans une trentaine de pays.

Sauf rares exceptions, une « initiative de transition » n’est pas le fait d’élus ou d’une collectivité locale. Selon la méthode d’animation territoriale inventée et expérimentée à Totnes, c’est plutôt un groupe de simples citoyens qui doit localement mener un travail d’éducation au pic pétrolier, tant auprès de la population que des élus (Hopkins, 2008). L’objectif est d’initier dans la communauté une dynamique de transition allant au-delà des clivages politiques traditionnels. Les élus locaux sont autorisés à participer à cette dynamique, mais pas à l’endosser officiellement – ce qui distingue radicalement les initiatives de transition d’autres démarches locales plus institutionnelles (agendas 21 ou plans climat territoriaux). De même, le plan local de décroissance énergétique n’a pas vocation à devenir un programme électoral, mais est supposé rester un récit nourri par les habitants, qui n’exerce qu’une pression indirecte sur les autorités locales.

Mais il est clair qu’on attend de celles-ci d’agir de concert. En principe comme elles sont élues, elles devraient refléter l’engagement majoritaire de leur communauté.

Source : Semal L. (2015), « Villes en transition », in D. Bourg, A. Papaux, (dir.) Dictionnaire de la pensée écologique, Paris, Puf.

Pour aller plus loin

  • Barry J., Quilley S. (2009), « The transition to sustainability. Transition towns and sustainable communities », in Leonard L., Barry J. (ed.) The Transition to Sustainable Living and Practice, Bingley, Emerald Publishing.
  • Hopkins R. (2008), The Transition Handbook. From Oil Dependency to Local Resilience, Totnes, Green Books ; trad. fr. (2010), Manuel de transition. De la dépendance au pétrole à la resilience locale, Montréal, Écosociété.
  • www.transitionfrance.fr

L'avis des experts :

1.1 Durabilité environnementale
Forte
1.2 Durabilité sociale
Forte
2. Potentiel de déploiement
Duplicable, global
3. Visée économique
Sans but lucratif
4.1. L’évolution de conscience
Participe
4.2. Changement de comportement individuel
Induit
5. La dynamique du changement
Rupture
6. La participation
Inclusif
7. Effet rebond
Faible
8.1 Impact carbone
Fort
8.2 Impact biodiversité
Fort
8.3 Impact énergie grise
Fort

4 Initiatives de 'Villes en transition' :