L’énergie mécanique est indispensable à la plupart des activités humaines. Elle est utilisée sous trois différentes formes finales : la chaleur pour l’industrie et le chauffage des locaux, la force motrice fixe pour produire l’électricité (éclairage, systèmes de refroidissement, électroménager, procédés industriels, etc.) et la force motrice mobile pour les transports. La plus grande partie de cette énergie (≈80 % à l’échelle mondiale) est issue des énergies non-renouvelables ; les énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz naturel) dont la formation remonte à des centaines de millions d’années, et l’énergie nucléaire, tributaire des ressources extractibles d’uranium. Outre la problématique de l’épuisement de ces ressources, leur rythme de prélèvement étant incomparablement plus rapide que celui de leur renouvellement, l’usage de ces énergies nous confronte à des risques insoutenables ; réchauffement climatique et pollution environnementale (air, eau, sol) liées à l’extraction, au transport, à la transformation et à la combustion des énergies fossiles et radioactivité en ce qui concerne le nucléaire comme l’accident de Fukushima (mars 2011) l’a brutalement rappelé, mais aussi le problème lancinant des déchets des 450 réacteurs en fonctionnement dans le monde qui en produisent quotidiennement en attendant de devenir déchets eux-mêmes.

Dans ce contexte, il est devenu urgent de restreindre notre consommation énergétique (en hausse constante à l’échelle mondiale) et d’opérer la transition énergétique. Celle-ci s’appuie sur le développement des énergies renouvelables et sur l’amélioration de l’efficacité énergétique, qui est le rapport entre les résultats, le service, le bien ou l’énergie que l’on obtient et l’énergie consacrée à cet effet. Une amélioration de l’efficacité énergétique correspond ainsi à une diminution de l’apport d’énergie pour un même service rendu ou un même bien produit. Elle nous permet donc de réaliser des économies d’énergie et c’est le principal instrument dont nous disposons pour réduire la consommation d’énergie tout en conservant un niveau de confort comparable. On parle également de performance énergétique qui se définit comme des « résultats mesurables liés à l’efficacité énergétique, à l’usage énergétique et à la consommation énergétique » (Commission de régulation de l’énergie, CRE, France).

Les actions permettant une meilleure performance énergétique incluent les actions d’amélioration de l’efficacité énergétique, comme par exemple l’utilisation d’équipements avec des meilleurs rendements, mais également les actions portant sur l’usage énergétique, par exemple l’adaptation du besoin énergétique au service rendu, ou encore une redéfinition de nos besoins (l’ensemble est connu sous l’appellation de « sobriété énergétique ». Trois secteurs en particulier présentent un fort potentiel d’amélioration énergétique : les bâtiments, le transport et la production industrielle:

Les bâtiments, dès leur construction, consomment une part substantielle d’énergie, principalement pour offrir des conditions bioclimatiques confortables (chauffage, eau chaude, système de refroidissement, ventilation), mais également de par leur consommation électrique et leur entretien. La performance énergétique des bâtiments repose tant sur la capacité à rationaliser cette consommation que sur l’optimisation de l’isolation. Les bâtiments nouvellement construits doivent inclure ces critères dès leur conception. Il est à ce titre important de prendre en compte l’exposition et l’orientation du bâti pour produire des habitats énergétiquement toujours plus performants, en association avec le recours à l’autoproduction, aux énergies renouvelables et à la végétalisation des surfaces. D’ores et déjà il existe des bâtiments « positifs » soit qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment (ils sont notamment équipés de capteurs solaires et reliés à la chaleur de l’environnement).

L’efficacité énergétique dans les transports correspond au rapport entre le déplacement et l’énergie dépensée pour l’obtenir (généralement mesurée sur 100 km). Des progrès importants ont déjà été accomplis dans ce domaine, mais l’effet rebond, l’agrandissement du parc automobile, l’augmentation de la puissance des véhicules et celle des échanges (40% des déplacements sont effectués pour des activités de loisirs) en ont annulé les effets attendus tant en terme d’amélioration du bilan énergétique qu’en ce qui concerne la diminution des émissions de CO2 et de polluants atmosphériques (ozone troposphérique, dioxyde d’azote, etc.). Notons également que l’amélioration du bilan énergétique passera aussi par une réévaluation des besoins en déplacements, dont une part croissante devra être assurée par la mobilité douce (à énergie humaine) et par les transports publics (à meilleur rendement énergétique par quantités transportées). En effet, le secteur du transport a désormais dépassé le chauffage dans la facture pétrolière et en constitue dans de nombreux pays le premier poste.

La performance énergétique des entreprises varie en fonction des types de production et des activités. On distingue, de l’amont à l’aval de le chaîne de production, l’industrie lourde (produits semi-finis) qui extrait et transforme les matières premières, de l’industrie de production des biens de consommation (automobile, textile, agroalimentaire, pharmaceutique, etc.). L’industrie productrice d’équipements industriels (machines-outils, fours, etc.), utilisés pour produire d’autres biens, constitue une troisième catégorie.

Malgré diverses initiatives de rationalisation engagées, la consommation énergétique et le potentiel d’amélioration de l’efficacité énergétique restent importants dans les secteurs de l’industrie lourde, en particulier dans la chimie, le papier, la pétrochimie (production de plastiques) et les industries extractives. La mise en place d’un système de management de l’énergie permet d’identifier les pertes énergétiques lors de chaque procédé et de quantifier le potentiel d’amélioration de la performance énergétique. La mise en œuvre du potentiel d’économies sera toutefois tributaire du retour sur investissement, fortement impacté par la non prise en compte des externalités dans les prix de l’énergie, qui sont abusivement bas ce qui n’incite pas aux économies.

Enfin l’agriculture (intrants, mécanisation, serres chauffées, etc.) et les services sont également de forts consommateurs d’énergie. Le secteur de l’informatique représente désormais un secteur-clé nécessitant un effort particulier. Avec 2,4 milliards d’utilisateurs, la consommation énergétique du réseau Internet fait du stockage de données un sujet de plus en plus préoccupant d’un point de vue environnemental. (Selon le site Wordless Tech, le coût de fonctionnement énergétique d’Internet, avec 1,5% de la consommation mondiale d’électricité, correspondrait à la production de 30 centrales nucléaires.)

Les instruments de mesures et de réglementation de l’efficacité énergétique ont fait leur apparition depuis les années 90, tel le label énergétique qui permet un classement (de A +++ à D) des appareils de consommation courante (électroménager, électronique, etc.), appliqué également aux véhicules et aux bâtiments. Ces mesures permettent aux consommateurs d’orienter leurs choix.

La durée de vie, la prise en compte de l’exploitation, de la maintenance, le bilan d’énergie grise, le bilan carbone, et d’autres critères de performance sont à intégrer pour obtenir une notion plus large, celle d’Efficacité Énergétique Globale. Comme pour le développement des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique inclut le fait d’adopter des comportements et des habitudes plus vertueuses et plus sobres (voir modèle-mère Sobriété), comme de préférer des modes de mobilité douce tant que se peut, de rationaliser ses achats et de mettre un pull en hiver ! En effet même la meilleure technique ne peut faire des miracles, il faut aussi une forte contribution des usagers.

Source :

http://www.negawatt.org/

http://www.xpair.com/lexique/definition/efficacite_energetique.htm

http://www.techno-science.net/?onglet=glossaire&definition=3373


L'avis des experts :

1.1 Durabilité environnementale
Variable selon le cas
1.2 Durabilité sociale
Variable selon le cas
2. Potentiel de déploiement
Duplicable, global
3. Visée économique
A but lucratif
4.1. L’évolution de conscience
Participe
4.2. Changement de comportement individuel
Induit
5. La dynamique du changement
Variable selon le cas
6. La participation
Inclusif
7. Effet rebond
Fort
8.1 Impact carbone
Fort
8.2 Impact biodiversité
Variable selon le cas
8.3 Impact énergie grise
Fort

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