Si la notion de circuit court est aujourd’hui largement reprise par les médias comme un phénomène assez typique de la fin du XXe siècle, il convient de considérer que la vente directe est aussi ancienne que l’agriculture elle-même. Au tournant des années 2000, elle est surtout devenu un moyen, pour ceux qui la promeuvent, de souligner que les distances tant géographiques qu’organisationnelles entre ceux qui produisent et ceux qui consomment sont devenues trop longues et doivent être raccourcies.

Les circuits courts recouvrent aujourd’hui une réalité assez diverse allant de la vente à la ferme aux marchés fermiers, en passant par les systèmes contractualisés de paniers, la vente par Internet ou encore les magasins de producteurs (Chiffoleau, 2008). Ou tout simplement le respect d’un critère de proximité, celle-ci étant comprise empiriquement comme un rayon autour de 50 km.

La proximité réhabilite l’agriculture en périphérie des villes, qui a été matérialisée naguère par les ceintures maraîchères naturellement implantées autour des grandes villes, leur débouché. S’y ajoutent les démarches d’autoproduction (jardins familiaux, jardins ouvriers, maintenant agriculture urbaine) mais en-dehors des circuits marchands, donc autre chose que les marchés de proximité.

Ces démarches attirant à la fois des producteurs qui veulent échapper à l’emprise des prix dictés par la grande distribution, des néoruraux souhaitant développer un projet de vie fondé sur une approche écologique et sociale de l’agriculture (Paranthoen, 2015), (Dubuisson-Quellier et Giraud, 2010). Du côté des consommateurs, les modes d’engagement dans les circuits courts peuvent souscrire à des projets variés, depuis des aspirations très individualistes liées à la recherche de qualité et d’authenticité, jusqu’aux démarches les plus militantes (Dubuisson-Quellier, Lamine et Le Velly, 2011).

Source: Dubuisson-Quellier S. (2015), «Circuits courts», in D. Bourg, A. Papaux, (dir.) Dictionnaire de la pensée écologique, Paris, Puf.

Existent encore des démarches institutionnelles comme le label GRTA ou d’autres labels et actions visant à faire connaître au public de consommateurs les avantages de la proximité, y compris Migros « De la région ».

De même l’indication de provenance des produits en magasin et sur les marchés, les tabelles avec les saisonnalités etc, pour attirer l’attention du consommateur sur le complexe proximité-fraîcheur-saisonnalité.

Et enfin les luttes paysannes contre la concurrence déloyale par des produits représentant du dumping écologique et social (dénonciation des tomates d’Andalousie etc.).

Pour aller plus loin

  • Chiffoleau Y. (2008), « Les circuits courts de commercialisation en agriculture : diversité et enjeux pour le développement durable », in Maréchal G. (dir.) Les circuits courts alimentaires, Paris, Éducagri.
  • Dubuisson-Quellier S., Giraud C. (2010), « Les agriculteurs, entre clôtures et passerelles », in Hervieu B. et al. (dir.) Les mondes agricoles en politique, Paris, Presses de Sciences-Po.
  • Dubuisson-Quellier S., Lamine C., Le Velly R. (2011), « Citizenship and consumption. Mobilisazion in alternative food systems in France », Sociologia Ruralis, vol. LI, n°3, p. 304-323.
  • GRTA : http://www.geneveterroir.ch/fr/content/la-plateforme
  • Scandale de la production en Andalousie : http://www.agrisodu.ch/content/blogcategory/43/107/9/9/lang,french

L'avis des experts :

1.1 Durabilité environnementale
Forte
1.2 Durabilité sociale
Forte
2. Potentiel de déploiement
Duplicable, global
3. Visée économique
A but lucratif
4.1. L’évolution de conscience
Participe
4.2. Changement de comportement individuel
Induit
5. La dynamique du changement
Rupture
6. La participation
Inclusif
7. Effet rebond
Faible
8.1 Impact carbone
Fort
8.2 Impact biodiversité
Fort
8.3 Impact énergie grise
Fort

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