Ce concept d’architecture produite avec les ressources de l’environnement local est évoqué selon plusieurs termes : architecture écologique, verte, bioclimatique, écoconstruction, bio-habitat ou encore architecture vernaculaire.

L’architecture bioclimatique ou écologique existe dans certaines architectures vernaculaires (spécifiques à un lieu, une époque ou autre). Elle est souvent fondée sur d’anciennes traditions tirées d’une expérience empirique de l’environnement, au carrefour des matériaux disponibles et d’une recherche d’une réponse aux conditions climatiques locales. En effet, l’architecture est une émergence du climat, du sol et des ressources de la région où elle se développe, et elle se fonde sur une économie de moyens compatible avec un développement local équilibré (circuit court). Souvent cette recherche qui est le fruit de millénaires d’évolution a donné des résultats très originaux et efficients, en usage jusqu’à la généralisation des énergies fossiles. Ainsi l’architecture paysanne, rurale ou encore montagnarde subsistante nous envoie un message sur la capacité des humains à s’adapter aux contraintes des lieux. Le choix des matériaux en est bien sûr la première expression (bois, pierre, terre cuite ou crue), tout autant que l’orientation, l’aménagement des pièces, etc. Le bâti exprimant, avant tout, la position sociale et économique de son habitant. Cette manière de bâtir son habitat utilise donc les matières locales et les capacités locales. Depuis quelques décennies s’est développé un mouvement intégrant ces acquis d’adaptation aux conditions locales en les systématisant et en les intégrant à une approche architecturale actuelle.

La végétation est intégrée non seulement en tant qu’ornement. mais surtout dans ses fonctions utilitaires. Une maison écologique est bien ventilée, bien isolée et étanche. La bonne orientation de l’habitat permet des économies d’énergies et donc d’argent. L’énergie solaire et autres renouvelables y sont privilégiées. En bref, un éco-habitat est pensé dès sa conception pour être respectueux de l’environnement et de ses futurs habitants.

Pour une autonomie véritable à l’heure du déclin énergétique, la construction d’habitats devrait donc être à nouveau adaptée aux conditions naturelles du lieu: des matériaux naturels locaux, des conceptions peu énergivores, voire productrices d’énergie, des techniques de mises en œuvre artisanales, autonomisantes et émancipatrices. Ce sont les fondements de l’architecture vernaculaire. La construction vernaculaire n‘est cependant pas uniquement le fait d’avoir recours à des traditions locales, c’est aussi prendre en main son avenir et tenter de s’affranchir des lois du marché de la construction. Car le terme «vernaculaire» a aussi un sens économique précis. Il définissait en droit romain tout ce qui a été fabriqué et cultivé dans le domaine (domus) pour le seul usage de celui-ci. Est donc vernaculaire tout ce qui n’est pas forcément destiné au marché, mais réservé à la consommation personnelle. Cette liberté tient à ce que les travaux peuvent être menés en marge du marché classique, à l’aide de matériaux très économiques, voire gratuits – et biodégradables.

Sources : A. Sinaï et al. (2015), Petit traité de résilience locale, Paris, Charles Léopold Mayer.

T. Paquot (2015), Architecture et construction, in D. Bourg, A. Papaux, (dir.) Dictionnaire de la pensée écologique, Paris, Puf.

Pour aller plus loin

Livres

  • Construire pour demain (2009), L’architecture écologique, Paris, Ed. Place des Victoires.
  • D. Gauzin-Müller (2001), L’architecture écologique : [29 exemples européens] : [enjeux et perspectives, urbanisme et développement durable, architecture et qualité environnementale, démarche HQE], Paris, Ed. du Moniteur.
  • S. Guidant, U. Doepper (1990), Architecture vernaculaire : territoire, habitat et activités productives, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, collection architecture.
  • H. Guillaud et al. (2014), Versus : lessons from vernacular heritage to sustainable architecture, Villefontaine, CRAterre-ENSAG.
  • A. Sinaï et al. (2015), Petit traité de résilience locale, Paris, Charles Léopold Mayer.
  • C. van Uffelen (2010), Architecture écologique, Paris : Citadelles & Mazenod.

Articles et thèses

  • M. Grodwohl (2013), Architecture vernaculaire et paysages, Journal des anthropologues, n° 134-135, pp. 221-241.
  • L. Morisset, L. Noppen (2004), Le bungalow québécois, monument vernaculaire. De l’espace urbain à l’identité domestique, Cahiers de géographie du Québec, vol. 48, n°134, pp. 127-154.
  • T. Paquot (2015), Architecture et construction, in D. Bourg, A. Papaux, (dir.) Dictionnaire de la pensée écologique, Paris, Puf.

Sites internet


L'avis des experts :

1.1 Durabilité environnementale
n/a
1.2 Durabilité sociale
n/a
2. Potentiel de déploiement
Duplicable, global
3. Visée économique
A but lucratif
4.1. L’évolution de conscience
Participe
4.2. Changement de comportement individuel
Induit
5. La dynamique du changement
Rupture
6. La participation
Variable selon le cas
7. Effet rebond
Faible
8.1 Impact carbone
Faible
8.2 Impact biodiversité
Faible
8.3 Impact énergie grise
Faible

3 Initiatives de 'Architecture vernaculaire' :