Le développement d’un écoquartier s’inscrit dans un projet d’urbanisation et de mobilité qui s’intègre dans le tissu urbain environnant. Il se caractérise par sa densité, sa mixité fonctionnelle (habitat, commerces, entreprises, services, etc.), une desserte efficace en transports publics et un réseau de mobilité douce, son mode de construction et d’aménagement et aussi sa qualité de vie ; il sera exemplaire en termes économiques, écologiques et sociaux, illustrant l’inscription de la durabilité sur le territoire urbain. Chaque écoquartier est spécifique à son environnement car il résulte d’un ensemble de solutions adaptées à un contexte local. Ce concept s’est développé à partir des années nonante en réaction au modèle pavillonnaire de développement périurbain qui conduit à un gaspillage des espaces et des ressources et à une forte dépendance au véhicule individuel motorisé, et aux empreintes écologiques excessives en milieu urbain.

L’objectif étant un mode de vie fortement orienté vers la durabilité, la réduction de l’empreinte écologique et énergétique à l’échelle du quartier est au cœur de son fonctionnement. Elle se traduit par la recherche de la sobriété énergétique, le recours à des énergies renouvelables ainsi qu’une efficacité thermique optimale des bâtiments (orientation, isolation et matériaux). La gestion durable de l’eau (collecte de l’eau de pluie pour l’arrosage par exemple) et des déchets est également prise en compte. Enfin, le verdissement urbain (balcons, toits et façades végétalisés, jardins et potagers, plates-bandes de prairies, parcs arborés) fait partie intégrante de l’écoquartier dans l’optique de favoriser la biodiversité et le bien-être des habitants.

Le développement durable se voulant un levier de démocratisation et d’harmonisation des niveaux de vie, l’objectif de mixité sociale (générationnelle, économique et culturelle) fait également partie du concept. Elle peut être encouragée notamment en diversifiant la taille de l’habitat et en fixant des seuils de revenus. Certains écoquartiers intègrent également de lieux de loisirs et de culture (salles de spectacle, centre d’arts, bibliothèque, parc sportif alternatif, etc.) qui renforcent leur multifonctionnalité.

La participation des habitants à la vie du quartier est requise de la concertation lors de la phase initiale du projet à l’animation de certaines installations. Le respect des règles de vie liées aux objectifs de l’écoquartier (méthodes de jardinage, gestion de l’énergie, tâches collectives, participation aux réunions) repose sur les compétences collaboratives, un sens partagé des responsabilités et la solidarité des habitants qui coopérent à l’atteinte des objectifs visés.

Une coopérative d’habitation (mais aussi artisanale, commerciale, etc.) peut constituer un espace privilégié d’innovation, tant en ce qui concerne les modalités de construction, les typologies de logements et la mutualisation d’espaces et de services, que sur le plan du bien-vivre social et des synergies avec le quartier et les acteurs de l’économie de proximité. Ainsi, les écoquartiers jouent le rôle de terrains d’expérimentation et permettent de tester des solutions nouvelles pour dépasser la crise de l’urbanisme.

Sources :

B. Boutaud (2009), Quartier durable ou éco-quartier ?, Cybergeo, Paris, European Journal of Geography (2009).

Frei (2007), écoquartier coopératif aux Communaux d’Ambilly, Association Ecoquartiers Genève.


L'avis des experts :

1.1 Durabilité environnementale
Forte
1.2 Durabilité sociale
Forte
2. Potentiel de déploiement
Variable selon le cas
3. Visée économique
Sans but lucratif
4.1. L’évolution de conscience
Participe
4.2. Changement de comportement individuel
Induit
5. La dynamique du changement
Rupture
6. La participation
Inclusif
7. Effet rebond
Faible
8.1 Impact carbone
Fort
8.2 Impact biodiversité
Fort
8.3 Impact énergie grise
Fort

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