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Terrabloc: des murs résistants et durables dans un matériau recyclé et local

Terrabloc réduit l’empreinte écologique des remblais de chantiers en les réutilisant pour produire des briques de terre crue. La société a mis au point un procédé de compression et de stabilisation permettant de recycler ces remblais afin d’en faire un matériau de construction qui présente non seulement de grandes qualités techniques, mais aussi un caractère traditionnel, noble et durable.

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Même un mur extérieur peut être construit en briques crues

Les premières traces d’habitations en briques de terre crue remontent à la préhistoire, au moment de la révolution néolithique, vers le Xème millénaire avant notre ère. En effet, dès la sédentarisation des hommes à cette époque, les premières maisons ont été édifiées dans ce matériau, d’abord au Levant, puis à Chypre, en Grèce et enfin en Europe de l’ouest notamment. On peut encore voir quantité de ces structures au Proche-Orient par exemple, 12’000 ans plus tard, ce qui montre bien l’extrême résistance de la brique crue. Elle est tombée dans l’oubli sous nos latitudes, alors qu’elle est encore utilisée par de nombreuses populations tout autour de la planète. Les déblais d’excavation terreux provoquent un réel questionnement en Europe, car ils sont jetés dans des décharges déjà saturées.

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Angle en briques de terre crue

Dès 2011, dans la région suisse de l’ouest lémanique, la brique de terre crue est réhabilitée et perfectionnée grâce à une idée ingénieuse. L’entreprise Terrabloc récupère gratuitement les déchets terreux des chantiers genevois et les transforme. La terre des déblais est dans un premier temps tamisée pour en retirer les galets. Elle est ensuite mélangée à 5% de ciment et de l’eau, et malaxée. Puis, des portions de terre sont placées dans un moule à presse hydraulique. La maturation, le durcissement durent 28 jours. Le procédé de fabrication est artisanal, selon la volonté des créateurs de Terrabloc. La brique crue redevient ainsi un matériau de construction noble, beau et vivant. Les labels de construction écologiques, comme Minergie en Suisse, possèdent un cahier des charges très exigeant, mais les matières conventionnelles, comme le béton, les parpaings ou les briques cuites, outre qu’elles occasionnent des coûts écologiques non négligeables, ne respirent pas. Les briques crues, au contraire, présentent de grandes qualités d’inertie thermique et d’isolation acoustique, tout en régulant l’humidité. Comme elles sont fabriquées à partir de terre recyclée extraite de déchets de chantiers locaux, elles permettent d’épargner les ressources naturelles de sable, d’argile ou de gravier. Elles ont de plus un faible impact environnemental lors de leur fabrication. Les briques conviennent au gros œuvre (murs porteurs), cloisons, aménagements intérieurs, murs extérieurs (murets, murs d’enceinte), et même au mobilier ou toute installation intérieure. Terrabloc contrôle toute la chaîne de production, depuis la réception de la matière première locale jusqu’à la livraison de l’ouvrage construit. La société collabore régulièrement avec l’entreprise Réalise qui réinsère des chômeurs de longue durée. Terrabloc s’inscrit donc également dans une démarche d’économie sociale et solidaire.

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En chantier: le foyer du Grand-Théâtre à Genève

En 2011, l’ingénieur Rodrigo Fernandez, passionné par les propriétés qu’offre la terre, s’associe à l’architecte Laurent de Wustemberger. Tous deux sont mus par de fortes convictions liées à la durabilité et à l’environnement. Déterminés à promouvoir une architecture plus modeste, engagée socialement et écologiquement, ils gagnent la Bourse cantonale du développement durable. La somme de 10’000 CHF reçue contribue alors à l’achat d’une presse hydraulique semi-automatique et au lancement de l’entreprise. L’obtention du bon mélange et l’étude des propriétés techniques nécessitent deux ans de tests, de certifications, de collaboration avec les universités, notamment avec le Laboratoire des matériaux de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Début 2015, Terrabloc cherche une somme de 500’000 CHF afin de se développer et de produire plus de briques, l’intérêt autour de leur entreprise augmentant. Le site de production s’installe à Gland, puis à Allaman. En 2016, l’initiative durable de Terrabloc est récompensée par le Pritzker Prize. L’entreprise a mené à bien plusieurs projets notables, dont le mur frontal du nouveau musée des Services industriels genevois (SIG) à Vessy, le « Palcoterra », sorte de scène-estrade au Palazzo Trevisan lors de la 15e Biennale d’architecture à Venise en 2016, le mur du Jardin alpin de Meyrin, les murs intérieurs d’un restaurant scolaire dans le parc Geisendorf à Genève, le doublage intérieur pour le foyer du Grand-Théâtre de Genève, ainsi que le doublage extérieur d’un immeuble de logement à Lancy. Les briques de terre crue, fabriquées artisanalement, en petite quantité, sont bien sûr plus chères que les matériaux conventionnels. Mais il s’agit d’un produit artisanal, respectueux de l’environnement, fabriqué avec de la main d’œuvre locale, selon des valeurs éthiques, durables et sociales.

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Une brique fabriquée grâce à la presse!

De nombreux projets sont en cours d’étude pour Terrabloc. Mais, afin de promouvoir cette technologie et d’augmenter le nombre de constructions concernées, il est nécessaire de En chantier: le foyer du Grand-Théâtre à Genèvedévelopper plusieurs axes. Il faut d’une part que les architectes connaissent le matériau et le propose davantage à leurs clients. D’autre part, les associations de professionnels du bâtiment (la Société suisse des ingénieurs et des architectes, les associations par branche industrielle, les instituts de recherche et de formation) doivent s’allier afin de renforcer les normes techniques pour protéger l’environnement. En effet, ces normes sont essentielles, car ce sont elles qui définissent sur un plan global les règles d’usage que chaque intervenant doit respecter. Enfin, l’Etat, qui possède un parc immobilier immense, doit se montrer également exemplaire afin de favoriser la transition écologique et le développement durable. Terrabloc élargit ses partenariats ; des partenaires en développements : Cornaz SA (fabrication de matériaux de construction) et BCMA SA (bureau d’architectes) ; des partenaires financiers: Castellani SA (exploitation de sable et de gravier) et Ronchi SA (production et distribution de matériaux pierreux) ; ainsi que des partenaires publics: l’EPFL (laboratoire des matériaux de construction) et l’HEPIA (département construction et environnement). De plus, elle collabore depuis 2017 avec l’entreprise valaisanne Evéquoz, qui fabrique également des briques de terre crue sur le même modèle. Se développer tout en conservant un caractère local et artisanal, c’est le credo de Terrabloc !

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http://www.terrabloc.ch/

 

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