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Eco-méthane, nourrir les vaches autrement!

L’association Bleu-Blanc-Cœur bouleverse le monde des éleveurs en leur proposant une initiative qui récompenserait la réduction des émissions de gaz à effet de serre de leurs troupeaux de vaches. Cette méthode réduirait les émissions de CO2 à hauteur de 2 millions de tonnes par an avec des répercussions bénéfiques sur la santé animale et la nutrition humaine.

Les vaches broutent de l’herbe, mangent de l’ensilage de maïs et ingèrent également des céréales. Ensuite, c’est bien connu, elles ruminent longuement les aliments avalés précédemment. Un geste semblant somme toute banal, mais qui engendre des effets préjudiciables pour le climat. Car lorsque les aliments passent dans le rumen de la vache, la digestion de la cellulose produit du méthane, un gaz à effet de serre disposant d’un potentiel de réchauffement 25 fois supérieur à celui du CO2. Les scientifiques estiment qu’une vache produit en moyenne 125 kg d’équivalent CO2 chaque année, ce qui représente autant qu’un trajet en voiture de 400 km. Cela peut sembler peu, mais dans le monde vivent des millions de vaches adultes. Et contrairement à une idée répandue, elles rejettent essentiellement ce méthane par la bouche ; ce ne sont donc pas les pets de nos vaches qui réchauffent le climat, mais bien leurs rots. Bien sûr, les déjections aussi produisent du méthane, mais en moindre quantité.

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Présentation du projet à la COP 21

Depuis l’an 2000, une initiative portée par une association préconise une alimentation animale basée sur l’herbe, la luzerne et les graines de lin oléagineux. Il s’agit là d’un choix ingénieux, car les aliments produits à base de ces éléments sont plus riches en oméga-3, et les vaches qui suivent ce régime rejettent moins de gaz à effet de serre. La solution est donc bénéfique à l’homme, à l’éleveur, à l’animal et à la planète. Pour toutes ces raisons, la méthode éco-méthane est déjà reconnue dans le monde, et l’association qui en est à l’origine est déjà parvenue à convaincre des centaines d’éleveurs en France (429 éleveurs recensés fin 2015)[1].L’éleveur y gagne, car même le léger surcoût du recours aux graines de lin est compensé par un prix de vente des produits un peu plus élevé. Quant au consommateur, une qualité est garantie. Les animaux en bénéficient également, car une telle alimentation améliore leur santé et leur fertilité. Les produits élaborés en deviennent également meilleurs: ainsi, un beurre produit à partir du lait de vaches ayant mangé de l’herbe se tartine plus facilement. C’est de ce constat bien concret d’un éleveur qu’est née l’association Bleu-Blanc-Cœur.

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Un éleveur ayant entrepris la démarche écométhane

L’idée est simple: ce que l’on donne à manger aux animaux se retrouve dans nos assiettes. La finalité de Bleu-Blanc-Cœur consisterait ainsi à éviter au consommateur d’aller acheter des compléments alimentaires, car il trouverait dans son assiette tout ce qui est nécessaire à sa santé. Chaque jour, de nouvelles preuves scientifiques soulignent le lien entre mode de production agricole, densité nutritionnelle des produits et développement des maladies de civilisation. Bleu-Blanc-Cœur ouvre donc une nouvelle voie, une solution alternative pour répondre aux attentes des consommateurs et des citoyens en engageant les producteurs à améliorer leurs modes de production pour fournir des produits de meilleure qualité. Autour d’une agriculture mettant à l’honneur la nutrition et la santé, Eco-Méthane fédère tout le monde, des agriculteurs aux consommateurs en passant par les distributeurs. Étant donné qu’il existe une corrélation entre la qualité des acides gras du lait et la baisse des émissions de méthane, une simple analyse du lait permet de déchiffrer les émissions de méthane économisées par l’alimentation du troupeau ; il s’agit là d’une méthode reconnue par l’ONU comme action environnementale en matière d’élevage et pour lutter contre le changement climatique. Et dans le but de chiffrer les impacts nutritionnels et environnementaux de ses aliments, Bleu-Blanc-Cœur a développé un compteur qui calcule les quantités de gaz à effet de serre et de graisses saturées économisées grâce à ses solutions.

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Identité visuelle du projet

Chaque entreprise adhérant à Bleu-Blanc-Cœur peut demander son compteur Eco-Nutrition. Ces chiffres mettent en avant l’importance du mode de production des produits et valorisent l’engagement de toute une filière dans Bleu-Blanc-Cœur. Ces compteurs peuvent également être mis à disposition d’une collectivité, ce qui permet alors de mesurer l’impact de la politique d’achat des produits sur la santé et l’environnement. Lorsqu’il demande un compteur, chaque éleveur reçoit en moyenne 322€ sous forme de bons financés à la fois par l’Etat français et par l’association Bleu-Blanc-Coeur. Plus précisément, le montant attribué aura été calculé selon les modalités suivantes: une base fixe de 50 € pour 12 mois d’engagement (12 mois d’analyse et au moins une analyse renseignée) dans la démarche Éco-méthane ; une base variable déterminée en fonction du taux de réduction des émissions et des tonnes totales économisées. Plus le taux de réduction moyen est important, plus la valeur économique de la tonne économisée sera élevée. En 2017, Bleu-Blanc-Cœur affiche l’ambition de déployer son système économique en se fixant pour objectif d’inscrire davantage d’éleveurs laitiers dans la démarche Éco-méthane, de convaincre de nouveaux acteurs économiques et de fédérer de nouvelles marques partenaires.

[1] http://www.lafranceagricole.fr/actualites/elevage/bleu-blanc-cur-des-eleveurs-retribues-pour-leurs-economies-de-methane-1,0,1103297054.html

Ecométhane - logo

* Ce texte est le fruit de la collaboration entre NiceFuture et les étudiants de la Haute Ecole de Gestion de Genève dans le cadre du cours intitulé « Innovation et entrepreneuriat » Auteurs : Maxime Aussems, Christian Mosquera Lamas, Jibril Musse.

www.eco-methane.com

Adresse: formulaire de contact en ligne

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