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El Hierro, l’île 100% autonome énergétiquement !

El Hierro est une petite île très reculée des Canaries comptant 12’000 habitants et hébergeant de nombreux touristes. Ses dirigeants ont néanmoins réussi la prouesse technique de rendre cette île entièrement autonome grâce aux énergies renouvelables. Eh oui, aucun relâchement de CO2 sur ce territoire !

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Le réservoir supérieur de la centrale est d’une capacité de 150.000 m3

L’approvisionnement en énergie constitue un problème logistique de chaque instant. Il est aujourd’hui relativement facile de se fournir si l’on habite dans une zone densément peuplée et alimentée par les grandes centrales électriques. Cela devient, par contre, une immense contrainte pour des régions reculées, voire isolées, comme les nombreuses îles de la planète. En effet, celles-ci doivent s’auto-fournir en énergie et les solutions les plus privilégiées demeurent les usines fonctionnant au pétrole. Malheureusement, l’importation de ces sources fossiles sur ces îles ainsi que leur exploitation est très coûteuse sur le plan financier et environnemental. Ces zones reculées affichent donc souvent de désastreux bilans carbone et coûtent une fortune aux gouvernements qui les gèrent.

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Schéma de fonctionnement du système énergétique de l’île

L’île El Hierro est la plus petite et la plus occidentale des îles Canaries. La terre y est aride et l’eau douce très rare. Elle compte 11’000 habitants et accueille de nombreux touristes. Chaque année, elle devait importer 6000 tonnes de pétrole pour faire fonctionner une centrale électrique et une usine de dessalement de l’eau de mer, laquelle générait la moitié de la dépense en énergie des insulaires. Il y a environ 30 ans est né le projet de devenir autonome en énergie et de n’utiliser que des sources d’énergie renouvelables. Par sa situation géographique, El Hierro se révèle une candidate idéale à l’énergie éolienne. À 27° N, en effet, elle profite des alizés toute l’année. Cependant, les éoliennes n’auraient pas suffit à fournir la totalité des demandes énergétiques. L’île a donc construit la première centrale hydro-éolienne au monde, associant des aérogénérateurs à un système de turbines hydroélectriques. Le projet a coûté 65 millions d’euros, mais fait économiser à l’île environ 7 millions d’euros par an. Il permet, en outre, d’éviter l’émission annuelle de près de 20’000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. La centrale hydro-éolienne produit, à elle seule, entre 80 et 85 % du besoin énergétique de l’île. Le reste est approvisionné par l’énergie solaire.

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Voici les conduites qui servent à acheminer l’eau jusqu’au bassin supérieur

Un ensemble de cinq éoliennes génère une puissance totale de 11,5 MW. L’électricité produite sert d’abord à alimenter directement les habitations et l’usine de dessalement d’eau de mer. Le surplus permet, grâce à un système de pompage, d’acheminer l’eau depuis un bassin artificiel de 150’000 m3, situé près de la capitale, Valverde, jusqu’à un second bassin de 550’000 m3 situé 700 m plus haut, dans l’ancien cratère d’un volcan. Ainsi, lorsqu’il n’y a pas assez de vent, il suffit de relâcher de l’eau du lac supérieur pour alimenter six turbines hydrauliques d’une puissance totale de 11,3 MW. Le système fonctionnant donc en circuit fermé, il n’y a pas de déperditions électriques, puisqu’il suffit d’actionner la pompe qui monte l’eau du bassin inférieur vers le lac supérieur. Durant les périodes sans vent, on laisse alors l’eau s’écouler vers le bas et des turbines produisent de l’électricité. Ce système hydraulique permet à l’île de tenir plusieurs jours sans vent, ce qui de par la latitude de l’île n’arrive que très rarement.

Toutefois, le projet ne s’arrête pas là. El Hierro met tout en œuvre pour devenir une île complètement propre. Tous les secteurs de production ont été modifiés. Il s’agit principalement de l’agriculture et de l’élevage ; en effet, les moutons et les chèvres ont remplacé les bovins qui abîmaient le sol. Un nouveau programme de gestion des déchets est également en cours de préparation, ainsi que des limitations de l’import de produits n’étant pas de première nécessité, le tout afin de réduire l’empreinte carbone due au transport. L’île El Hierro a donc tout du modèle de développement durable efficace.

 

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