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Darwin métamorphose une friche urbaine

Vous pensez que vivre en ville implique davantage d’individualisme? Ou que « écoquartier » ne peut rimer avec activité entrepreneuriale? L’expérience collective de l’association participative Darwin nous prouve le contraire.

Le Bistrot-Réfectoire Magasin général offre une cuisine éco-responsable

Le Bistrot-Réfectoire Magasin général tout comme l’épicerie bio proposent des aliments éco-responsables

Les villes ont une responsabilité importante face à la nécessaire transition écologique. Centres de consommation énergétique, sources accrues d’émissions de gaz à effet de serre, empreintes du bâti et pression démographique se conjuguent et se répercutent sur la qualité de l’habitat et le bien-être de la population alors que l’aménagement territorial urbain coïncide encore trop souvent avec disparition des espaces naturels et des lieux d’interaction culturelle. Dans ce contexte, la réhabilitation des friches urbaines selon une perspective durable représente un défi à la fois de concentration de l’habitat, d’occupation rationnelle du sol, de mixité sociale et de reverdissement des espaces que les autorités communales peinent souvent à concevoir et à réaliser.

Le collectif urbain Darwin à Bordeaux a montré une voie à suivre en rénovant de façon exemplaire deux vastes bâtiments, construits aux alentours de 1850, qui abritaient des magasins généraux de l’Armée française. Entre espaces couverts et extérieurs, ces 20’000 m2 de friche urbaine abandonnés par l’armée en 2005 sont le théâtre d’une métamorphose urbaine très inspirante. Le bâti rénové offre un espace pour des appartements et des entreprises, mêlant activités économiques et initiatives citoyennes. Les acteurs, locataires et entrepreneurs, partagent un même système de valeurs et sont résolument engagés dans la transition écologique. Darwin est le résultat du regroupement de deux associations: « Évolution », le groupe familial fondateur de l’association des habitants qui a obtenu le contrat de rénovation auprès de la mairie, et «Les Darwiniens» qui regroupent l’ensemble des entreprises locataires (plus de 180 structures et 400 personnes travaillant essentiellement dans l’économie verte et créative). Cette gouvernance participative « bicéphale » permet d’associer le plus possible les occupants du lieu à son développement et à son animation.

Les bureaux du site offrent des espaces de travail propices à la créativité dans un environnement sain.

Les bureaux du site offrent des espaces de travail propices à la créativité dans un environnement sain. David Sanchez jpg.

Darwin développe en priorité une approche « low tech » afin de limiter au maximum l’énergie utilisée et réduire les consommations de ressources en général (récupération des matériaux, économie circulaire, stratégie zéro déchets, agriculture urbaine). La stratégie « négaWatt » a été appliquée à l’ensemble du site, articulant sobriété, performance énergétique (rénovation de l’agencement bioclimatique des espaces, refus de la climatisation, optimisation de l’éclairage naturel et attention permanente aux économies d’énergie grise pendant le chantier) et recours aux énergies renouvelables. Une toiture photovoltaïque de 480m2 en auto-consommation (100.000 kWh annuels produits) permet de rendre le restaurant et l’épicerie 100% bio du site autonomes en énergie électrique. De plus, un réseau de chaleur collectif en géothermie est en construction.

La Zone d’Agriculture Urbaine Expérimentale (ZAUE) de DARWIN est un véritable laboratoire vivant des nouvelles formes d’agriculture en zone urbaine dense.

La Zone d’Agriculture Urbaine Expérimentale (ZAUE) de DARWIN est un véritable laboratoire vivant des nouvelles formes d’agriculture en zone urbaine dense. David Sanchez jpg.

Dans un souci de gouvernance écologique collective, Darwin a également développé une interface numérique inédite prénommée MIUSEEC (Métrologie Intelligente des Usages pour la Sobriété Énergétique et les Eco-Comportements) permettant à tous les occupants du lieu de mesurer leur contribution à l’effort.

La somme de ces dispositifs et actions permet un relatif découplage entre prospérité économique et impact écologique. Et ces bonnes performances sont contagieuses car près de 70% des Darwiniens affirment exporter les éco-gestes appris à l’extérieur du collectif. Cette réussite transparaît également à travers le déroulement d’une centaine d’événements annuels dans les domaines des cultures urbaines, de l’agriculture en ville, de la citoyenneté, de la solidarité ou encore des sports de glisse respectueux de l’environnement.

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http://darwin.camp

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